Recherche dans le blog

Peut-on prévenir Alzheimer ? Ce que la recherche dit sur la prévention

Peut-on prévenir Alzheimer ? Ce que la recherche dit sur la prévention

Catégories : Aidants , Bien être de la personne âgée
star
star
star
star
star

La réponse scientifique doit être nuancée. Il n’existe aujourd’hui aucune méthode permettant de garantir qu’une personne ne développera jamais la maladie d’Alzheimer. En revanche, les recherches montrent qu’il est possible d’agir sur plusieurs facteurs de risque modifiables de démence.

La prévention repose donc moins sur une « recette anti-Alzheimer » que sur une approche globale de la santé : activité physique, alimentation équilibrée, santé cardiovasculaire, sommeil, audition, vie sociale et stimulation cognitive.

Peut-on réellement prévenir la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence. Elle est liée à des modifications progressives du cerveau qui peuvent apparaître plusieurs années avant les premiers symptômes.

L’âge reste le principal facteur de risque connu, mais il n’est pas le seul. L’Organisation mondiale de la Santé souligne que plusieurs facteurs associés au mode de vie, à la santé cardiovasculaire, à l’environnement et aux relations sociales peuvent contribuer au risque de déclin cognitif et de démence.

Cela signifie qu'une prévention efficace ne consiste pas à chercher une seule cause ou une seule solution.

L’objectif est plutôt de réduire, lorsque cela est possible, l’exposition aux facteurs de risque tout au long de la vie.

La Commission Lancet sur la prévention, l’intervention et la prise en charge de la démence a notamment identifié en 2024 plusieurs facteurs de risque modifiables et renforcé l’importance d’une approche préventive à différents âges de la vie.

Quels sont les principaux facteurs de risque modifiables ?

Les facteurs de risque ne permettent pas de prédire individuellement qui développera ou non une maladie d’Alzheimer.

Ils constituent cependant des leviers sur lesquels il est possible d’agir.

Parmi les facteurs aujourd’hui étudiés figurent notamment :

  • l’hypertension artérielle ;
  • le diabète ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • le tabagisme ;
  • la consommation excessive d’alcool ;
  • l’inactivité physique ;
  • certains troubles du sommeil ;
  • la dépression ;
  • l’isolement social ;
  • la perte auditive ou visuelle non corrigée ;
  • certains traumatismes crâniens ;
  • l’exposition à la pollution de l’air.

L’OMS recommande notamment de pratiquer une activité physique régulière, de ne pas fumer, d'adopter une alimentation saine, de surveiller certains facteurs cardiovasculaires et de rester socialement et cognitivement actif.

1. Bouger régulièrement pour préserver sa santé cérébrale

L’activité physique est l’un des leviers les mieux identifiés dans les recommandations de prévention.

Marcher, faire du vélo, nager, danser ou pratiquer une activité physique adaptée permet notamment d’agir sur la santé cardiovasculaire et métabolique.

L’objectif n’est pas nécessairement de pratiquer un sport intensif. Une activité régulière adaptée à l’âge et aux capacités physiques peut déjà contribuer à maintenir une bonne condition générale.

L’OMS recommande notamment, pour les adultes, de pratiquer une activité physique régulière et de limiter les périodes prolongées en position assise.

Chez une personne âgée, l’activité doit naturellement être adaptée aux capacités physiques, aux éventuelles pathologies et au niveau d’autonomie.

2. Surveiller la tension artérielle, le diabète et le cholestérol

La santé du cerveau est étroitement liée à la santé cardiovasculaire.

Une hypertension artérielle, un diabète ou un taux élevé de cholestérol font partie des facteurs associés au risque de démence. La prévention passe donc aussi par le suivi médical de ces facteurs de risque.

L'OMS recommande notamment de surveiller la tension artérielle, la glycémie et le cholestérol et de prendre en charge les maladies chroniques lorsqu’elles sont présentes.

Cela rappelle une idée importante : préserver sa santé cardiovasculaire contribue également à protéger sa santé cérébrale.

3. Adopter une alimentation équilibrée

Aucun aliment ne permet à lui seul de prévenir la maladie d’Alzheimer.

En revanche, une alimentation équilibrée participe à la bonne santé générale et cardiovasculaire.

Une alimentation variée peut notamment privilégier :

  • les fruits et légumes ;
  • les légumineuses ;
  • les céréales complètes ;
  • les poissons ;
  • les huiles végétales ;
  • les aliments peu transformés.

Le régime méditerranéen est régulièrement étudié dans le domaine de la santé cognitive. Toutefois, il est préférable de parler d’habitudes alimentaires favorables à la santé plutôt que de présenter un régime particulier comme un moyen garanti de prévenir Alzheimer.

4. Préserver son audition et sa vie sociale

La prévention du déclin cognitif ne concerne pas uniquement l’alimentation ou l’activité physique.

La perte auditive non corrigée fait également partie des facteurs de risque étudiés dans les recommandations internationales. Lorsque l’audition diminue, le recours à un bilan auditif et, si nécessaire, à une aide auditive peut contribuer à maintenir les échanges avec l’entourage.

Les relations sociales ont également leur importance.

Conserver des contacts avec sa famille, ses amis, des associations ou d’autres groupes permet de maintenir des échanges et une participation à la vie quotidienne.

La prévention passe donc aussi par le maintien d’une vie sociale active.

5. Continuer à stimuler ses capacités cognitives

Lire, écrire, jouer, apprendre, discuter ou participer à des activités collectives sont autant d'occasions de solliciter différentes capacités cognitives.

Il ne s’agit pas de considérer les jeux de mémoire comme un traitement contre Alzheimer.

La stimulation cognitive s’inscrit plutôt dans une démarche globale consistant à rester actif, curieux et engagé dans des activités adaptées à ses capacités.

Les recommandations actualisées de l’OMS prennent notamment en compte l’entraînement et la stimulation cognitive ainsi que la participation à des activités sociales dans les stratégies de réduction du risque de déclin cognitif et de démence.

6. Pourquoi la prévention doit-elle commencer tôt ?

La prévention de la démence ne concerne pas uniquement les personnes âgées.

Certains facteurs de risque agissent progressivement au cours de la vie. C’est pourquoi la prévention peut commencer bien avant l’apparition d’éventuels troubles de mémoire.

Il n’est cependant jamais trop tard pour adopter des habitudes favorables à la santé.

À 40, 60 ou 80 ans, les objectifs ne seront simplement pas les mêmes : activité physique adaptée, alimentation équilibrée, suivi médical, maintien des relations sociales et activités cognitives peuvent être intégrés au quotidien en fonction des capacités de chacun.

Peut-on prévenir Alzheimer à 100 % ?

Non.

Il est important de distinguer réduire un risque et empêcher une maladie.

La maladie d’Alzheimer possède des mécanismes complexes et plusieurs facteurs interviennent dans son apparition. Certains facteurs de risque ne sont pas modifiables, notamment l’âge et certains facteurs génétiques.

Adopter une bonne hygiène de vie ne garantit donc pas qu’une personne n’aura jamais Alzheimer.

En revanche, les données disponibles soutiennent une approche de prévention consistant à agir sur les facteurs de risque modifiables. L’OMS estime aujourd’hui que jusqu’à 45 % du risque de démence pourrait être lié à des facteurs sur lesquels il est possible d’agir.

Ce chiffre doit être compris à l’échelle des populations, et non comme une probabilité individuelle : il ne signifie pas qu’une personne peut réduire personnellement son risque de 45 % en appliquant une liste de conseils.

Et lorsque les premiers troubles apparaissent ?

La prévention ne doit pas conduire à banaliser les troubles de mémoire.

Des oublis occasionnels peuvent avoir de nombreuses causes. En revanche, lorsqu’une personne présente des changements persistants ou inhabituels dans sa mémoire, son comportement, son langage ou son autonomie, il est important d’en parler à un professionnel de santé.

Un bilan permet notamment de rechercher les différentes causes possibles des troubles observés.

Pour les proches, l’enjeu est ensuite d’adapter progressivement l’environnement et le quotidien aux capacités de la personne.

Cela peut concerner l’organisation du logement, les activités, l’accompagnement dans les gestes quotidiens ou encore les vêtements lorsque l’autonomie diminue.

Adapter le quotidien lorsque la dépendance s’installe

La prévention et l’accompagnement sont deux sujets différents.

Lorsqu’une personne est déjà atteinte de troubles cognitifs ou devient dépendante, la priorité est de préserver autant que possible son confort, sa sécurité, sa dignité et son autonomie restante.

Les besoins peuvent évoluer au fil de la maladie : habillage plus difficile, incontinence, besoin d’aide pour les soins, difficultés à conserver ses vêtements ou déshabillage intempestif.

Dans certaines situations, des vêtements adaptés à la dépendance peuvent faciliter le quotidien des proches et des professionnels.

Pour comprendre les différentes solutions vestimentaires destinées aux personnes dépendantes, consultez notre sélection de grenouillères femme médicalisées.

Si le déshabillage intempestif fait partie des difficultés rencontrées, notre article Déshabillage intempestif en EHPAD : quelles solutions vestimentaires pour une personne âgée dépendante ? présente spécifiquement les solutions vestimentaires envisageables.

Pour les personnes vivant en établissement, notre guide consacré au trousseau EHPAD pour une personne âgée dépendante peut également aider à organiser les vêtements nécessaires au quotidien.

La prévention d’Alzheimer repose sur une approche globale

La recherche ne permet pas aujourd’hui de promettre une prévention totale de la maladie d’Alzheimer.

Elle permet cependant d’identifier plusieurs facteurs sur lesquels il est possible d’agir : activité physique, santé cardiovasculaire, alimentation, audition, vie sociale, stimulation cognitive, tabagisme, consommation d’alcool et certains facteurs environnementaux.

La prévention doit donc être envisagée comme une démarche de santé globale et progressive, plutôt que comme une méthode unique permettant d’éviter Alzheimer.

Et lorsque la maladie ou la dépendance est déjà présente, l’objectif évolue : il s’agit alors d’adapter l’environnement et le quotidien aux besoins de la personne, en recherchant autant que possible confort, autonomie et dignité.

À retenir

  • Peut-on prévenir Alzheimer ? On ne peut pas garantir d’éviter la maladie, mais certains facteurs de risque sont modifiables.
  • L’activité physique, une alimentation équilibrée et le suivi de la santé cardiovasculaire font partie des principales mesures de prévention.
  • L’audition, les relations sociales et la stimulation cognitive sont également prises en compte dans les recommandations actuelles.
  • La prévention se construit tout au long de la vie, et pas uniquement à un âge avancé.
  • En cas de troubles persistants de la mémoire ou de l’autonomie, un avis médical est nécessaire.
  • Lorsque la dépendance s’installe, l’accompagnement du quotidien doit évoluer avec les besoins de la personne.

FAQ – Prévention de la maladie d’Alzheimer

Peut-on empêcher la maladie d’Alzheimer ?

Il n’existe actuellement aucune méthode permettant de garantir qu’une personne ne développera jamais la maladie d’Alzheimer. En revanche, plusieurs facteurs de risque de démence sont modifiables et peuvent faire l’objet d’actions préventives.

Quel est le principal facteur de risque d’Alzheimer ?

L’âge constitue le principal facteur de risque connu de démence. Cependant, d’autres facteurs peuvent intervenir, notamment l’hypertension, le diabète, l’inactivité physique, le tabagisme, certains troubles sensoriels et l’isolement social.

Le sport peut-il réduire le risque d’Alzheimer ?

Une activité physique régulière est recommandée dans les stratégies de réduction du risque de déclin cognitif et de démence. Elle contribue notamment à une meilleure santé cardiovasculaire.

Existe-t-il un régime alimentaire anti-Alzheimer ?

Aucun régime alimentaire ne permet de garantir la prévention de la maladie d’Alzheimer. Une alimentation saine et équilibrée fait toutefois partie des recommandations générales visant à réduire les facteurs de risque associés à la démence.

Les jeux de mémoire empêchent-ils Alzheimer ?

Les activités de stimulation cognitive peuvent participer au maintien de l’activité cognitive, mais elles ne constituent pas un moyen garanti d’empêcher la maladie d’Alzheimer. Elles doivent être considérées comme l’un des éléments d’une approche globale.

Que faire lorsqu’un proche présente des troubles de mémoire ?

Lorsque des troubles persistants ou inhabituels apparaissent, il est recommandé d’en parler à un professionnel de santé afin d’évaluer leur origine et les éventuelles mesures d’accompagnement adaptées.

Partager ce contenu

Veuillez vous connecter pour noter cet article

Articles en relation